Où peut-on être une femme âgée de presque 73 ans et être appelée à la présidence d'un pays? L'exercice de notre imagination nous permet d'affirmer qu'en Europe, voire en Occident, cela semble totalement farfelu, tant il est vrai que le grand âge, associé qui plus est au sexe féminin, sont dans nos contrées considérées comme des tares.
Il en va tout autrement en Inde, pays où pourtant la présidence est avant tout un poste symbolique. Le parti du Congrès au pouvoir vient en effet de désigner l'actuelle gouverneure de l'Etat du Rajhastan, Pratibha Patil, comme candidate au scrutin présidentiel qui aura lieu le 19 juillet.
Or, contrairement à ce qui s'est passé en France voisine avec la candidature de Madame Royal, il y a de fortes chances pour que cet essai féminin soit transformé en actes à l'occasion de ce scrutin. D'ailleurs Madame Patil n'a jamais perdu une élection..
Proche de la famille Gandhi, et principalement de Sonia à laquelle elle est toujours restée loyale, elle est comme beaucoup de hauts dignitaires indiens au bénéfice d'une formation d'avocate. Mère de deux enfants (un garçon et une fille), Madame Patil est engagée depuis longtemps dans l'amélioration pratique des condition de vie des femmes de son pays (avec notamment la création de centres de formation et d'hôpitaux qui leur sont consacrés exclusivement). Il y a fort à parier, dès lors, que l'éducation, la santé, et l'emploi seront au coeur de ses préoccupations. Mais ces programmes ne sont-ils pas déjà devenus universels?
Son accession à la présidence en ferait la première femme à ce poste depuis l'accession de l'Inde à l'indépendance il y a 60 ans, lui permettant de s'inscrire dans ce qui ressemble pourtant à une "tradition" asiatique peu sexiste dans les hautes sphères du pouvoir qui a déjà permis l'accession au poste suprême à un nombre conséquent de femmes: Indira Gandhi en Inde, Benazir Bhutto au Pakistan, Cory Aquino, suivie de Madame Arroyo aux Philippines, ainsi que des générations de femmes au Sri Lanka. Un continent asiatique (auquel l'Afrique emboîte le pas dernièrement) qui représente une exception, donc, dans le monde politique.
Conséquemment, cette élection n'aura qu'une portée symbolique limitée pour le reste du monde. Tout au plus un verre d'eau dans la féminisation de la politique.



Les commentaires récents