Une étude française reprise par de nombreux médias révèle que, bon an mal an, 300’000 femmes et hommes, citoyens hexagonaux, réclament chaque année un examen médical… prénuptial! Délivré après une auscultation complète au cabinet du praticien de leur choix, cet examen est complété par des tests de laboratoire. L'occasion, dit-on, de découvrir des maladies silencieuses et de mettre en place les traitements adaptés.
On y passe en revue l’état des vaccins, faits, à faire ou à refaire. On s’intéresse à la tension artérielle, et à toutes les données gynécologiques, sans oublier frottis et autres examens des seins. On agite les spectres du sida, de la syphilis. On détermine et compare les groupes sanguins respectifs, afin de savoir si la future épouse pourrait présenter une incompatibilité sanguine avec ses enfants, ce qui nécessiterait une surveillance supplémentaire tout au long des grossesses. On y ajoute des sérodiagnostics de rubéole et de toxoplasmose. On traque des antécédents familiaux qui auraient peut-être été omis. On retrace l’historique des interventions chirurgicales familiales.
Or, même si la « bien-pensance » contemporaine adore et conforte ce type de démarche – d’autant plus qu’elle contribue à nourrir l’industrie de la santé –, il faut bien rappeler que nous vivons dans un environnement où nous baignons continuellement dans une "soupe" de microorganismes, que ça n’a pourtant rien d’horrible, et que c’est même parfaitement normal! D’ailleurs, lorsqu’il est en contact avec des microorganismes et des corps organiques étrangers, notre système immunitaire réagit et produit ces fameux anticorps qui lui permettent de se débarrasser de ces envahisseurs, parfois responsables de maladies graves.
Cette obsession qui consiste à traquer micro-organismes, saletés et bactéries, et à guetter l’ombre de la plus anodine des affections, n’est pas sans conséquence pour l’être humain. Ses défenses naturelles s’affaiblissent. Il devient sujet aux maladies infectieuses ainsi qu’aux allergies...
Quant à sa vigilance intellectuelle, on peut se demander si, in fine, elle n’est pas soluble dans les javellisants et les désinfectants, voire carrément désintégrable sous l’effet des rayons X ou dans les joujoux de type scanners!

Ce post et la réalité qu'il concerne me semblent intéressants d'abord à titre de révélateur de nos comportements philosophiques. Ils marquent en effet l'écart sans cesse croissant entre les référentiels de nos sociétés libérales et les multiples systèmes de valeurs personnels que des citoyens, de plus en plus nombreux, appliquent désormais sans tenir compte de la bien-pensance en vogue. Je note qu'une forme rassurante d'indépendance se développe hors des cercles dits autorisés (sociologie, médiacratie, arènes politiques). Il y a quelques années encore, personne ne se serait offusqué de pareilles dérives, et de tels comportements (inutiles, onéreux et philosophiquement difficilement défendables) auraient essaimé sans croiser la critique.
Rédigé par: Jean | 18 mai 2007 à 16:19
L'intérêt de ces tests, peut-être excessifs, j'en conviens, c'est d'anticiper sur les maladies transmissibles aux enfants. Un domaine où il est important de progresser.
Rédigé par: Laurence | 18 mai 2007 à 16:56
Ceci se passe chez nos voisins francais. Il me semble toujours avoir entendu parler de ce test prenuptial chez eux. Chacun ses coutumes. Je me demande si un autre pays d'Europe a cette même habitude ?
Rédigé par: adrienne | 20 mai 2007 à 13:09