Qui a hanté les forums d'allaitement maternel aura peut-être remarqué le bon niveau général des échanges sur ce type de forum où l'élocution (syntaxe et orthographe) dénote un niveau de maîtrise de la langue supérieur à ce qu'il est sur de nombreux forums féminins plus généralistes.
Or, dans la vie réelle, une observation concernant les bébés de ces femmes qui s’expriment sur les forums peut être faite par tout un chacun : les bébés allaités longtemps sont généralement vifs et vigoureux. Cette constatation a donné naissance chez les scientifiques à une multitude d'enquêtes qui ont tenté de déterminer s’ils le sont plus que la moyenne.
Elles ne datent pas d'hier puisque les premières études qui tentaient d'établir un lien entre le développement cognitif mesuré par le Quotient Intellectuel et l'allaitement au sein datent de 1929 (publication princeps dans le JAMA, Journal of the American Medical Association).
Elles parvinrent si bien à établir un lien que les recherches portèrent désormais surtout sur la meilleure façon d’isoler l’élément du lait maternel qui favorisait le développement du cerveau du bébé, avec en vue les développements industriels qu’on imagine…
Toutes ces études avaient néanmoins omis une variable essentielle dans leurs observations : la mère de l’enfant, et l’influence qu’elle pouvait avoir sur le développement de l’intelligence de son enfant !!
Alors que les études avaient inclus le statut socio-culturel des mères allaitantes de longue durée (six mois et plus), jamais encore elles ne s’étaient interrogées sur les mamans des enfants au QI élevé. Et si d’aventure leurs bébés en héritaient? Si tel était le cas, était-ce dû à l'allaitement ou au statut social?
Une étude parue dans le British Medical Journal le 4 octobre vient remédier à cette lacune.
Trois scientifiques écossais se sont en effet penchés sur l'incidence de l'allaitement maternel sur le QI des bébés. Et sur le rôle de la mère.
Résultat: En conformité avec les études réalisées précédemment, le QI des bébés allaités (mesuré par le PIAT, Peabody Individual Achievement Test) était supérieur de 4 points. Toutefois, il apparaît aussi que le QI de la mère influe sur l’allaitement lui-même (chaque augmentation d’une déviation standard sur la courbe de Gauss, double les chances d’allaitement).
De plus, après ajustement du QI maternel au QI de l’enfant, la variable allaitement perd de sa pertinence, ainsi d’ailleurs que le niveau d’éducation, ce qui ne manquera pas de relancer le débat sur le caractère environnemental vs génétique de l'intelligence (cette étude faisant pencher la balance du côté génétique).
Autrement dit, l’étude montre que l’allaitement n’est pour rien dans l’augmentation du QI des bébés allaités et que c’est le QI de la maman (à priori et en moyenne) qui est le plus prédictif de celui du bébé, indépendamment du niveau de formation.
Et que plus la maman a un QI élevé, plus il y de chances qu’elle allaite longtemps. Cette info fera certainement du bien à l’ego des mamans allaitantes au-delà de six mois qui doivent en 2006 se battre à couteaux tirés contre la génération précédente élevée au « tout-au-biberon », et contre l'incompréhension ambiante, y compris de la majorité du corps médical qui accompagne leurs premiers pas de mamans..
Ce baume ne doit cependant être que temporaire, car si l’on observe une courbe de Gauss, on verra que, par définition, plus le QI est élevé, plus il se situe à l’extrémité (droite) de la courbe, moins il y a de monde… même si l' exemple donné par ces mamans devrait à terme faire dépendre l’allaitement d’autres facteurs que le QI comme ce fut le cas avec le biberon, qui devint dans les années 70 l'emblème de l'émancipation féminine..
Et puis, à quand une étude incluant les papas, qui déterminerait leur rôle dans le développement cognitif ? L’étude ne le dit pas, mais on peut espérer…





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