Mamans malignes

Historienne et maman d'un petit garçon, Sylvie Oberson explore la jungle de l'économie pour les petits, les pistes éducatives décalées ou dans le vent, échange avec vous repères et expériences familiales

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L'homme des abysses et des abysses à l'homme

Difficile d’entrer dans une librairie avec Lulu-petit-homme-des-abysses sans passer par le rayon nature, océans, poissons, et surtout, sans feuilleter « Abysses » de Claire Nouvian (éd. Fayard), cette jeune journaliste de mode qui s’est reconvertie dans la production et la réalisation de séries animalières telles que «Les chroniques de la jungle perdue» ou « les nuits sauvages ». Fascinée par les fonds marins, Claire Nouvian a participé à l’aventure de « Microcéan » d’Alain Bougrain-Dubourg et d’« Océanautes », un docu sur la conquête des profondeurs. En 2004, elle réalisera enfin «Expédition dans les Abysses». Avant de produire cette année « Abysses », LE livre culte de Lulu qui a même découpé dans le magazine « L’Illustré » la critique (avec photos) qui lui était consacré.

Depuis, toute la famille traque vaillamment les dernières nouvelles des mondes enfouis dans le grand bleu. L’occasion pour nous d’apprendre – merci « Sciences et Vie » – que l’anémone de mer, théoriquement l’une des formes de vie les plus primitives, recèle une complexité étonnante. En effet, son génome est curieusement proche des vertébrés les plus évolués. Il est d’ailleurs même assez proche de celui de l’homme.

Nous voilà donc, Sherlock Holmes, sur la piste de cet ancêtre commun dont émanent toutes les espèces actuelles et disparues. Une créature qui s’est volatilisée il y a environ 650 millions d’années, bien avant ces chers dinos. Mais en nous laissant un patrimoine génétique capital, car pour « Sciences et Vie », le fameux ancêtre commun possédait sans conteste la « trousse à outil » génétique nécessaire à la réalisation des réactions biochimiques animales de base, la construction des nerfs et l’élaboration de la fonction musculaire.

On peut lire tout ça au microscope en zyeutant une banale anémone de mer, vraiment ?

10 juillet 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Fiston n'a plus peur des piranhas

Piranha_3   Musées d’océanographie ou d’histoire naturelle, vidéos de fonds marins, ouvrages spécialisés, personnages voraces de l’Age de Glace 2, coloriages Internet : Lulu était incollable sur les piranhas. Je dis bien était, car une nouvelle – que je me suis empressée de lui communiquer – l’a laissé complètement interloqué et rigolard. Ni féroces, ni redoutables, ces bestioles d’apparence terrifiantes seraient en effet avant tout des mauviettes qui doivent se grouper en banc pour se protéger de leurs prédateurs, estiment des chercheurs en zoologie de l'université écossaise de St Andrews.

Pourtant, dès le 16ème siècle, les conquistadors de l’Amérique du Sud avaient soigné la publicité de ce poisson, propulsé animal mythique, machine à tuer, cannibale assoiffé de sang et mangeur d’homme. Même le cinéma gore en fit un héros malgré lui…

C’est dire la déception de Lulu, et la mienne, en apprenant que le sauvage piranha est au final un banal charognard omnivore qui vit principalement de poissons, de plantes et d'insectes. « On pensait jusque là que les piranhas se regroupaient en banc pour former un groupe de chasse coopératif, précise la zoologiste Anna Magurran. Mais nous avons découvert qu'il s'agissait avant tout d'un comportement défensif. »

D’ailleurs, la honte, même le dauphin de rivière peut « bouloter » ce « monstre » !

Photo: Claudio Lara, on Flick'r

02 juillet 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Madame la Présidente

Pratibha_patil_prez248 Où peut-on être une femme âgée de presque 73 ans et être appelée à la présidence d'un pays? L'exercice de notre imagination nous permet d'affirmer qu'en Europe, voire en Occident, cela semble totalement farfelu, tant il est vrai que le grand âge, associé qui plus est au sexe féminin, sont dans nos contrées considérées comme des tares.

Il en va tout autrement en Inde, pays où pourtant la présidence est avant tout un poste symbolique. Le parti du Congrès au pouvoir vient en effet de désigner l'actuelle gouverneure de l'Etat du Rajhastan, Pratibha Patil, comme candidate au scrutin présidentiel qui aura lieu le 19 juillet.

Or, contrairement à ce qui s'est passé en France voisine avec la candidature de Madame Royal, il y a de fortes chances pour que cet essai féminin soit transformé en actes à l'occasion de ce scrutin. D'ailleurs Madame Patil n'a jamais perdu une élection..

Proche de la famille Gandhi, et principalement de Sonia à laquelle elle est toujours restée loyale, elle est comme beaucoup de hauts dignitaires indiens au bénéfice d'une formation d'avocate. Mère de deux enfants (un garçon et une fille), Madame Patil est engagée depuis longtemps dans l'amélioration pratique des condition de vie des femmes de son pays (avec notamment la création de centres de formation et d'hôpitaux qui leur sont consacrés exclusivement). Il y a fort à parier, dès lors, que l'éducation, la santé, et l'emploi seront au coeur de ses préoccupations. Mais ces programmes ne sont-ils pas déjà devenus universels?

Son accession à la présidence en ferait la première femme à ce poste depuis l'accession de l'Inde à l'indépendance il y a 60 ans, lui permettant de s'inscrire dans ce qui ressemble pourtant à une "tradition" asiatique peu sexiste dans les hautes sphères du pouvoir qui a déjà permis l'accession au poste suprême à un nombre conséquent de femmes: Indira Gandhi en Inde, Benazir Bhutto au Pakistan, Cory Aquino, suivie de Madame Arroyo aux Philippines, ainsi que des générations de femmes au Sri Lanka. Un continent asiatique (auquel l'Afrique emboîte le pas dernièrement) qui représente une exception, donc, dans le monde politique.

Conséquemment, cette élection n'aura qu'une portée symbolique limitée pour le reste du monde. Tout au plus un verre d'eau dans la féminisation de la politique.

21 juin 2007 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

En Allemagne se réinvente la discrimination positive

La discrimination positive est un terme qu'en Europe il faut expliquer lorsqu'on l'utilise.

Inventé par Kennedy et mis en pratique par les Etats-Unis dès les années 70, cet outil qui vise à réduire l'iniquité qui règne entre Majorité et minorités (raciales, ethnique, sociales...) a pourtant fait ses preuves. Créé au départ pour favoriser l'intégration de la population noire aux USA, son utilisation outre-Atlantique a fait passer la proportion d'Afro-Américains de la classe moyenne de 13% en 1960 à près de 66% en 2000.

C'est peut-être cette efficacité qui rend la politique volontariste en matière d'égalité si impopulaire dans la plupart des pays d'Europe, attachés à leurs traditions.

Traditionnelle, la place de la femme l'est plus qu'ailleurs dans la mentalité allemande, pays pratiquant la discrimination sociale négative (les femmes sont une minorité sociale): le fameux Kinder, Küche, Kirche. Ainsi, tout le système allemand est fait pour encourager les femmes à rester à la maison avec les enfants.

Raison pour laquelle la proposition d'Antje Hermenau, femme politique de 43 ans appartenant à un parti écolo a créé quelques remous au sein du microcosme poltique allemand.

Putzfrau_2 Cette femme à poigne, prenant acte du fait que des décennies de lois et principes en faveur d'une réduction des inégalités s'étaient révélées complètement inefficaces (avec des écarts allant de 12 à près de 30% dans les revenus selon la qualification), a proposé d'accorder un avantage fiscal aux femmes au détriment des hommes. On imagine d'ici le tollé provoqué par cette femme décidée à s'attaquer aux bourses des ces messieurs. Halte-là! Et touchez pas au grisbi, madame!

Et pourtant...en Suisse aussi, des décennies de droit de vote, d'observatoires pour l'égalité, et d'invitations polies par ci par là à favoriser les femmes, n'ont fait avancer les choses qu'à pas de tortue. Surtout dans le domaine sacré entre tous, le graal de notre époque: l'argent.

Si dans le domaine politique des progrès ont été faits qui semblent irréversibles (encore que chez nos voisins l'éviction de Ségolène Royal laisse des doutes sur ce sujet), dans celui du travail et de son salaire, l'évolution s'est fait si lentement que les femmes vont être rattrapées par le mouvement d'un autre cycle, politique celui-là, qui ramène un peu partout au pouvoir une réaction conservatrice qui risque fort de s'attaquer aux acquis féminins, tout en n'offrant toujours pas ce à quoi les femmes ont toujours aspiré: le même éventail de choix que leurs compagnons. Mais sans doute est-il déjà trop tard...

Car, comme le dit le correspondant du Figaro à propos de la propostion d'Antje Hermenau, l'idée n'a "aucune chance d'aboutir". ("Le Figaro" du 12 juin 2007, L'impôt femmes qui interpelle l'Allemagne, Pierre Bocev)

12 juin 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Chine: L'envers du décor

Rappelez-vous.. 2001, la candidature chinoise à l'organisation des Jeux Olympiques soulève un tollé parmi les organisations qui défendent les droits de l'homme. Amnesty International, Reporters Sans Frontières, entre autres, appellent au boycott. Face à la levée de boucliers, Pékin promet que les Jeux Olympiques contribueront au développement des droits humains en Chine.
En 2007, à quelques mois des Jeux, qu'est-il advenu de ces promesses?
L'on sait par les rapports d'Amnesty que des milliers de personnes ont été expulsées de leur appartement pour laisser place aux stades et autres constructions olympiques. Mendiants, sans-abri et vendeurs de rue ont été "mis au frais" dans les "centres de rééducation" de la ville jusqu'à la fin des Jeux, soit pour une période de un à trois ans.
Quant aux femmes, les organisateurs leur ont dévolu le même rôle que partout ailleurs dans le monde olympique: elles décerneront les médailles. Selon les canons chinois, toutefois. Si l'on en croit une dépêche AFP du 8 juin, les apparences se devront d'être soignées...: "Les tatouages et les boucles d'oreilles tendent à donner une apparence sordide, tandis que les postérieurs trop rebondis pourraient focaliser excessivement l'attention". Toutefois, comme ces propos ne sont pas ceux d'un imam en verve, mais ceux de Li Ning, chef du protocole Pékin, personne n'y trouvera à redire. Après tout, ces précautions esthétiques ne sont guère éloignées de celles en vigueur dans les parcs Disneyland, on se rappelle notamment de l'interdiction des talons et du vernis à ongles pour les employées d'Eurodisney.
Là où on s'étonne tout de même, c'est lorsque dans le même communiqué Li Ning juge: "Nous ne voulons pas de femmes qui d'une manière ou d'une autre aient l'air louche car cela pourrait vraiment rebuter les athlètes". Alors ça, c'est exotique! Un pays rempli d' hommes montés à l'envers...

10 juin 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

De l'Aile et de ceux qui veulent les couper...

Dscn2622_2 Marc Aymon, nous l'aimions déjà avant. Alors, lorsqu'il s'est agi de sauver le Château de l'Aile de la voracité aveugle de promoteurs immobiliers acoquinés aux infidèles Politiques de la ville, on a tout de suite pensé à lui. Sans consulter ni son manager ni les revues de presse, le chanteur valaisan a dit oui..tout de suite. Et puis, accompagné de sa seule guitare et de son charisme, le 2 juin, il est venu du Valais où pourtant il était attendu pour faire bon accueil à Zinedine Zidane et..il a fait battre le coeur de Vevey. A l'abri ensoleillé du jardin de l'imposant ouvrage néogothique, tout s'est décrispé. Les tensions du conflit politique ont exhalé, puis on a entendu le bruissement des ailes du Château, dont on se demandait depuis longtemps pourquoi il portait ce curieux nom...le Château de l'Aile. Maintenant, on sait.

09 juin 2007 | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)

Aristocratie et vieilles casseroles

Matremcontent Est-ce pour faire suite à sa proposition de "karchériser" une partie de la jeunesse banlieusarde française, ou pour suivre les traces de Margaret Thatcher, qui ne naît à la politique qu'en tant que ministre de l'Education du gouvernement d'Edward Heath, que l'un des premiers domaines sur lesquels s'exprime le nouveau président Sarkozy est l'éducation?

Vous pensiez peut-être comme moi que les malheurs de la petite Sophie de Ségur valaient autant pour le caractère historique, voire sociologique des méthodes d'éducation du XIXe siècle qui y étaient illustrées que pour ses qualités littéraires. Ces récits, qui émaillaient chaque "malheur" de la petite Sophie de méthodes de redressement "à haute pression", furent pendant plusieures générations chers aux familles catholiques.

Mais voilà 2007 et Monsieur Sarkozy qui pour éradiquer l'incivilité des salles de classe et restaurer le respect dû aux maîtres propose la récupération du vouvoiement entre maître et élèves, ainsi que la station debout à l'entrée du maître en classe!

Propriétaire de la série complète des oeuvres de la comtesse Rostopchine, j'ai décidé de vous faire partager en images cette époque qui anime tant de nostalgies. Etant bien entendu que les méthodes appliquées aux enfants ne sont qu'une facette d'un grand réaménagement qui concerne tout un chacun.

Florilège:

Voleusejpg_2 

Image tirée des "malheurs de Sophie". Ed: Jean-Jacques Pauvert, Genève. Illustrations de Gustave Doré et Jules Didier.

Fesse_3 in: "Les petites filles modèles "

Enfantbattu_2   

Tiragedoreille

à droite:

"Un bon petit diable"

27 mai 2007 | Lien permanent | Commentaires (14) | TrackBack (0)

Dérive hygiéniste..

Une étude française reprise par de nombreux médias révèle que, bon an mal an, 300’000 femmes et hommes, citoyens hexagonaux, réclament chaque année un examen médical… prénuptial! Délivré après une auscultation complète au cabinet du praticien de leur choix, cet examen est complété par des tests de laboratoire. L'occasion, dit-on, de découvrir des maladies silencieuses et de mettre en place les traitements adaptés.

On y passe en revue l’état des vaccins, faits, à faire ou à refaire. On s’intéresse à la tension artérielle, et à toutes les données gynécologiques, sans oublier frottis et autres examens des seins. On agite les spectres du sida, de la syphilis. On détermine et compare les groupes sanguins respectifs, afin de savoir si la future épouse pourrait présenter une incompatibilité sanguine avec ses enfants, ce qui nécessiterait une surveillance supplémentaire tout au long des grossesses. On y ajoute des sérodiagnostics de rubéole et de toxoplasmose. On traque des antécédents familiaux qui auraient peut-être été omis. On retrace l’historique des interventions chirurgicales familiales.

Or, même si la « bien-pensance » contemporaine adore et conforte ce type de démarche – d’autant plus qu’elle contribue à nourrir l’industrie de la santé –, il faut bien rappeler que nous vivons dans un environnement où nous baignons continuellement dans une "soupe" de microorganismes, que ça n’a pourtant rien d’horrible, et que c’est même parfaitement normal! D’ailleurs, lorsqu’il est en contact avec des microorganismes et des corps organiques étrangers, notre système immunitaire réagit et produit ces fameux anticorps qui lui permettent de se débarrasser de ces envahisseurs, parfois responsables de maladies graves.

Cette obsession qui consiste à traquer micro-organismes, saletés et bactéries, et à guetter l’ombre de la plus anodine des affections, n’est pas sans conséquence pour l’être humain. Ses défenses naturelles s’affaiblissent. Il devient sujet aux maladies infectieuses ainsi qu’aux allergies...

Quant à sa vigilance intellectuelle, on peut se demander si, in fine, elle n’est pas soluble dans les javellisants et les désinfectants, voire carrément désintégrable sous l’effet des rayons X ou dans les joujoux de type scanners!

18 mai 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Remember Séraphin Lampion..

Lulu adore Yakari, Blake et Mortimer, mais le petit Indien et les deux aventuriers british ne peuvent rien face à la popularité de Tintin dont il dévore littéralement les aventures. Ses favoris ? Haddock, Abdallah, Wang, et tous les méchants, Mitsuhirato en tête…

Par contre, l’assureur Séraphin Lampion n’a jamais suscité chez lui le moindre intérêt. Archétype de sa profession, à la fois envahisseur et prédateur, Lampion n’a d’ailleurs pas grand-chose pour plaire. Son âpreté au gain et son humour lourdingue constituent aujourd’hui encore deux piliers d’une profession que n’effraye pas la bêtise commerciale. Car on assure désormais (Le Monde du 4 mai) l’annulation de spectacles en cas de licenciement, de convocation à un examen ou de… greffe d’organe. On prend aussi en compte le droit à l’erreur, lorsqu’on acquiert une étagère aux mauvaises dimensions. Et même, les catastrophes liées au mariage : robe déchirée, traiteur foireux, indisponibilité d’un témoin, etc… Un grand assureur surenchérit même en proposant une assurance divorce, une assurance vie pour les animaux de compagnie ou encore un contrat prévoyant les prises d’otages et les attentats terroristes.

Le Lampion d’or ? On l’attribuera à l’assurance contre l’échec au permis de conduire ! Ce sont Dupond et Dupont qui vont être contents…

17 mai 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Salon du Livre

Un grand merci aux lecteurs du blog qui ont fait le déplacement pour venir me trouver sur le stand Xenia du Salon du Livre. C'était très troublant et ma foi émouvant de vous rencontrer en chair et en os.

Comment vous remercier du plaisir partagé d'une rencontre improbable de part et d'autre d'une table de dédicaces? Par cette regrettée petite Isadora Duncan en culottes courtes, disparue en même temps que la tolérance à l'impertinence, à la liberté et à la désinvolture des enfants...?

Ci-gît la subversive Fifi Brindacier.., dont les descendants sont désormais considérés comme des délinquants en puissance..

09 mai 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Ca y est, on plonge avec Toboclic!

Il y a des mots comme ça, aussi écoeurants que leur contenu. Un voilà un de type valise, en général plutôt lourd à digérer: ludo-éducatif.

Vous en reprendrez bien une louche? Non? Ca ne fait rien, on vous en sert quand même: livres, jeux, disques,...et logiciels à n'en plus finir. Comme si l'informatique en avait fait son pré carré, du ludo-éducatif. Petit rappel: Le ludo-éducatif est une façon d'enfouir des connaissances comme s'il s'agissait de mines anti-personnelles. En manipulant habilement l'enfant-béotien, notamment par le biais de la curiosité et des émotions, l'on parvient à le faire cheminer le long d'un parcours balisé tout en lui donnant l'impression d'être un habile découvreur.

Au terme du parcours, s'il est intelligent (ô ironie!) et qu'il a donc bien sauté sur toutes les mines, il en ressortira enrichi d'un savoir de type "quizz" permettant de briller aux jeux de société.

Il s'agit donc d'un façon particulièrement insidieuse et déloyale de bourrer encore un peu plus le crâne de vos enfants, alors qu'ils sont déjà gavés outre mesure d'informations hétéroclites et superficielles et qu'ils vous supplient à leur façon de les laisser grandir un peu tous seuls.

Mon fils étant muni de naissance d'un détecteur anti-mines lui permettant de flairer la dragée didactique à des kilomètres à la ronde, je n'ai jusqu'à aujourd'hui jamais pu le préparer aux longues études doctorales qui feront de lui Le grand spécialiste des dinosaures (insectes, planètes, fonds abyssaux,..., selon les jours) par le biais des ludo-éducatifs.

Faut-il s'en réjouir ou le regretter? Mon fils a trouvé son maître...

Couv_livret_67 Ca s'appelle Toboclic. C'est un magazine multimédia (sur DVD), interactif pour les 4/7 ans, le premier du genre. L'éducatif est très bien emballé, les personnages sympas et drôles. On y parle préhistoires, dragons, nature. On y trouve comptines et jeux. Bref, de quoi s'amuser pendant des heures, bien plus qu'avec un magazine traditionnel. Il a conquis tout le monde à la maison... et Fiston est devenu un virtuose du TouchPad!

01 mai 2007 | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)

Le Miracle est bio

Qu'est-ce qui lave la peau, les cheveux, les démêle, nettoie le linge et la vaisselle, puis le printemps venu, chasse les insectes indésirables des plattes-bandes? Hein? Et en plus, c'est LE produit de nettoyage le plus respectueux de l'environnement puisque complètement naturel.

Noix_de_lavage La noix de lavage est un produit népalais miraculeux, qui nous vient de la nature et y retourne sans dommage et qui est extrêmement bon marché de surcroît.  Associée à une huile essentielle, elle nettoie le linge aussi bien qu'une lessive traditionnelle et le parfume de façon naturelle et variée ( vous pouvez faire vos propres associations de parfums, en varier à chaque lessive ou selon la nature du linge, ou carrément vous en passer).

Ce n'est pas mieux qu'une lessive industrielle mais ça agit tout aussi bien sur les taches. C'est-à-dire pas du tout. Il faut donc les traiter séparément. Soit avec un détachant naturel (le savon au fiel de boeuf est imbattable), soit avec une décoction des noix déjà utilisées (6 demi-coques ayant déjà servi pour environ 4 lessives).

Photo: on flick'r by luce_beaulie...

Cela fait une année que je les utilise et je ne peux que vous les recommander. Cette semaine, pour la première fois, je les ai utilisées en décoction comme insecticide sur la jungle de mon balcon. Eh bien, ça a marché! Et en plus, ça agit comme un engrais. Miraculeux je vous dis!

21 avril 2007 | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)

Vive le papier!

Ce blog est devenu un ouvrage, publié aux éditions Xenia (où il est possible de se le procurer on line) sous le titre de "Mamans en ligne" et disponible en librairie dès le 23 avril. Pour vous mettre dans le bain, découvrez-en ci-dessous la préface du Pr. Jane Royston. Un grand merci à celles et ceux qui par leur attention et leurs interventions ont fait vivre ce blog. Je serai heureuse de rencontrer in vivo ceux qui le souhaitent au Salon du Livre de Genève pour la séance de dédicace du samedi 5 mai.

Le visage du féminisme change

et j’aime ça!

Comme nous toutes, j'ai lu Germaine Greer dans les années 70. J’ai milité avec les meilleures avocates de la cause féminine. Refusé de laisser un type payer mon café. Stigmatisé la plus anodine des remarques sexistes.

Puis j’ai suivi ma route, de plus en plus fatiguée par ces dragons dépourvus d’humour qui guidaient et représentaient le mouvement féministe.

Toutefois, dans les années 90, je fus gênée davantage encore par ces femmes qui, tirant profit des batailles gagnées par d'autres, se déclaraient elles-mêmes anti féministes.

Aujourd’hui, le visage du féminisme change. Il est jeune, beau, plein d’humour, et surtout, efficace. La femme moderne peut donc enfin s’identifier à lui, quel que soit son statut: mère, amante ou professionnelle.

Ce fut pour moi un plaisir rare que de découvrir un livre aussi amusant et pensé comme une belle provocation. Le rapport des idées aux mots y est si féminin: alors ne gaspillons pas notre temps à nous demander ce qu’évoque pour nous l'odeur d'une madeleine, et parlons de l’essentiel!

Quel bonheur de découvrir des sujets sérieux traités dans une langue aussi fraîche que créative, faite de légèreté et de drôlerie. Quel contraste avec la plupart des livres qui, eux, traitent de sujets insignifiants avec tellement de sérieux!

C’est d’ailleurs le propre de la femme contemporaine que d’être plurifonctionnelle, de sauter du coq à l'âne, de jongler avec cinquante balles à la fois sans jamais en laisser tomber une seule. Un exercice jubilatoire qu’on retrouve pleinement dans ce livre qui nous contraint à faire le grand écart d’un thème à l’autre mais sans jamais perdre le fil: être femme, être épouse, être mère, être amoureuse, être féminine, être professionnelle…

Mamans en ligne – Comment les femmes tissent leur toile porte la marque de notre temps. Raconte les femmes de 2007. J’ai même l’intime conviction que, dans les années à venir, étudiant les craintes et les joies quotidiennes au tournant du XXIe siècle, les universitaires baseront leurs travaux sur de tels ouvrages. Et qu’ils souriront – du moins je l’espère – en découvrant que la plupart de ces angoisses se sont avérées finalement infondées.

Que vous lisiez ce livre d’une couverture à l’autre, ou que vous le dégustiez au gré des matières dont il traite, il vous incitera à la réflexion, et dans un même mouvement, vous fera rire sans retenue.

A chacune et à chacun, je souhaite les mêmes merveilleuses heures de lecture que m’ont procuré les billets de Sylvie Oberson et les commentaires de celles et ceux qui l’ont rejointe dans cette aventure.

Pr Jane Royston

19 avril 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

L'humour est d'abord informatif...

Etrange expérience ce week-end… Concert classique à Genève, dans la salle Opéra de l'Hôpital universitaire. Au programme pour la semaine du cerveau: un requiem (bref, exigeant et somptueux) du compositeur suisse Henri-Louis Matter, avec le chef Eric Bauer à la tête de l'ensemble instrumental romand...

D'ordinaire assez peu réceptif aux manifestations scéniques, Lulu a adoré. Il a dirigé les deux premiers moments de ces Requiem Gesänge et accepté de rester silencieux pendant les vingt minutes de cette expérience musicale pour le moins pointue… Il a adoré le baryton Claude Darbellay, comparé Matter à Mozart (je suis d'accord pour ce qui est de leur culte de la précision et de l'esthétique parfaite), et surtout, ri en premier d'une plaisanterie du compositeur à l'heure de la présentation, plaisanterie (mêlant les chiens de chasse, la Toscane, Bach et Vivaldi) pourtant trop complexe pour qu'il en ait vraiment saisi la quintessence. Ce rire inexplicable, j'y ai repensé plus tard, en lisant les pages scientifiques du New York Times…

Vous riez? Un peu? Beaucoup? Pas du tout? C'est vrai qu'il est difficile d'expliquer notre rapport à l'humour et à l'humeur de façon satisfaisante. Les philosophes (d'Aristote à Kant en passant Schopenhauer et Freud) et les scientifiques se coltinent d'ailleurs le sujet depuis deux bons millénaires, décortiquant d'anciens textes, scannant les cerveaux de bébés ou d'adultes, chatouillant des singes ou des souris de laboratoire… Sans découverte ni avancée probantes…

Or ne voilà-t-il pas qu'aujourd'hui, le Pr. Robert Provine de l'Université du Maryland à Baltimore, vient de démontrer après quelque vingt ans de recherches, que le rire n'est ni plus ni moins qu'un outil instinctif de survie pour les animaux sociaux, et pas une réponse intellectuelle à l'esprit. Et ses constats les plus basiques nous interrogent sans ménagement: en effet, le degré d'humour qui déclenche le rire chez l'humain ne dépasse souvent pas le degré zéro de la plaisanterie, et le rire lui-même est souvent utilisé comme un simple indicateur d'information, par exemple pour ponctuer nos phrases.

"Le rire est un signal social honnête, parce qu'il est difficile de le truquer, explique le Pr. Provine. Avec lui, nous traitons de quelque chose de puissant, d'antique et de brut. C'est un genre comportemental que tous les êtres humains, peut-être tous les mammifères, ont en commun." Complétant la quête de Provine, Jaak Panksepp, neurologiste et psychologue à l'université de l'état de Washington, a même découvert que les rats émettent un gazouillement ultrasonique (inaudible aux humains sans équipement spécial) quand ils sont chatouillés, et qu'ils apprécient suffisamment cette sensation pour revenir réclamer ledit chatouillement lors de ces expériences. Panksepp pense du reste que le cerveau a des câblages immémoriaux qui reproduisent le rire de sorte que les jeunes animaux apprennent à jouer entre eux sans danger. Selon lui, le rire stimulerait les circuits relatifs à l’euphorie dans le cerveau et serait ainsi susceptible de rassurer les autres animaux, leur indiquant qu'on est ici en phase de jeu et non de combat.

Ainsi, lorsqu'un enfant – au hasard Lulu – vous balance un joli caillou peint à la main sur la caboche, ou qu’il vous mord le bras avec la conviction d'un jaguar affamé, l'important résiderait donc dans la ponctuation ou non de l'action par un rire strident censé indiqué si l'on est dans le registre du jeu ou de la vraie colère…. Ces interrogations philosophiques apporteront en tous les cas un dérivatif à la douleur bien réelle et univoque, elle!

20 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)

Sources chaudes et sein géant, tacots suisses et Picasso

Dimanche en Valais. Au programme: bains thermaux, bains de soleil et bains de culture… Un peu risqué vu les rapports complexes et déroutants de Lulu avec la muséographie… Ce week-end, c'était donc le tour de la prestigieuse Fondation Gianadda à Martigny. A l’affiche, « Picasso et le cirque »… Voilà ce que ça donne en live…

-C’est quoi, Maman ?

- Un Arlequin de ce peintre qui s’appelle Picasso.

- Et ça ?

- Un Arlequin.

- Et ça ?

- Un Arlequin.

- Et çui là ?

- Un Arlequin mais dessiné avec seulement des carrés.

- Lui là ?

- Un Arlequin avec des traits de visage déformés.

Lulu s’intéressera encore aux mouvements des acrobates, à un dessin glauque de saltimbanques fauchés derrière un quignon de pain et une bouteille de rouge qui tache. Et puis à un dresseur qui tient un éléphant dans sa main…Puis, il zappe tout le reste jusqu’à la galerie des masques. Là rebelote…

- C’est un masque de quoi ?

- Un masque.

- Et lui, il s’appelle comment ?

- Masque de visage.

- Et lui ?

- Masque aux yeux noirs.

- Et lui ?

- Masque hilare.

Etc.

Détour par la cafétéria, et par le musée de l’automobile ancienne au sous-sol, sans un regard pour les magnifiques photos de « Luigi le berger », signées Marcel Imsand. Là, mon fils s’étonne – et franchement nous aussi – en constatant qu’il existait autrefois, voilà un siècle, des voitures de construction suisse. Eh oui ! Elles s’appelaient Turicum (avec de longs serpents klaxons en chromes rutilants), Sigma, Pic Pic (de Piccard et Pictet, deux grandes familles de l'histoire romande), Zedel ou Saurer… Comme quoi les temps changent. La puissance industrielle aussi…

Sa patience a des limites. Faut sortir en courant dans le parc des sculptures. Lulu s’inquiète devant certaines créations contemporaines.

-Maman, ça, c’est une sculpture ?

- Il paraît…

Le sein géant de César va pourtant le dérider. Et surtout, le pouce géant du même sieur Baldaccini, une version quelque peu réduite de celui que le créateur barbu avait imaginé pour les Jeux olympiques de Séoul en 1988.

- Tu as vu, le Monsieur du Musée a enterré un géant. On voit seulement son pouce.

Académicien français des Beaux-Arts et grand manitou des musées suisses, Léonard Gianadda appréciera…

13 mars 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

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